La crise sanitaire s’aggrave, le ministre de l’Education s’enferme dans le choix de l’imprévision !

Les organisations syndicales de l’éducation n’ont été reçues pour un point sur la situation sanitaire qu’aujourd’hui, 4 jours après une rentrée qui aurait pourtant dû faire l’objet de la plus grande vigilance après le brassage lié aux vacances et aux fêtes de fin d’année. Et cette réunion s’est tenue quelques heures avant les annonces du Premier Ministre qui a pourtant prévu de donner le cadre général de gestion de la crise sanitaire qui aurait été utile pour apprécier sa déclinaison à l’Éducation nationale.

De nouveau, Jean Michel Blanquer affiche beaucoup d’intentions mais se soucie peu des moyens pour les mettre en œuvre : aucune politique de tests à grande échelle, d’isolement des personnels et élèves positifs ou cas-contact, d’aération renforcée des salles, de non-brassage des élèves, etc. Les demi-groupes sont possibles uniquement en lycée et sans cadrage national, ce qui contribue à creuser les inégalités. De même, l’organisation des périodes de formation en entreprise est laissée à l’appréciation de chaque lycée professionnel, créant des inégalités et désorganisant les enseignements. La question des examens est renvoyée au dernier moment.

Tout et son contraire sont dits sur la vaccination, tantôt annoncée en mars et organisée dans les écoles et établissements scolaires, tantôt prévue comme pour toute la population plus tard et via le médecin traitant. Les personnels ou les élèves vivant au domicile avec une personne considérée comme vulnérable ne bénéficient toujours pas de mesures de protection renforcée. L’ensemble des agent-es des services publics, particulièrement exposé-es, doivent avoir accès dès maintenant aux vaccinations.

De manière générale, la FSU a demandé pour tous les personnels des protections adaptées à leur exposition, notamment pour les AED et les AESH. La FSU a fait des propositions pour que tous les scenarii soient envisagés, y compris en cas de circulation d’un variant plus contagieux et touchant davantage les jeunes du virus, sans véritable prise en compte par le ministère.

La crise engendre des tensions fortes sur le climat scolaire et social et la communauté scolaire est fatiguée et inquiète. La jeunesse, frappée de plein fouet par les conséquences des crises sanitaire, économique et sociale qui se combinent désormais, mérite d’être au cœur des préoccupations. Cela passe par un plan de recrutements massifs, le renforcement des équipes pluriprofessionnelles au sein

des établissements scolaires et le maintien des infimier-es de l’Education nationale et d’une politique éducative sociale et de santé sous la gouvernance et la responsabilité pleine et entière du ministère.

De même, la situation sociale dramatique que vivent les étudiant-es nécessiterait un plan d’action conséquent.La jeunesse est une grande oubliée du « plan de relance » alors qu’elle est l’actrice de la société de demain !

La gestion erratique et sans moyens supplémentaires de la crise sanitaire est à la mesure du mépris que les personnels ressentent sur l’ensemble de la politique éducative, édictée à l’endroit des conditions d’exercice de leurs métiers et missions et de leurs expertises professionnelles et de l’absence de reconnaissance de leur engagement quotidien par des carrières et des salaires revalorisés.

Cela ne donne que plus de force à l’appel que la FSU, avec une large intersyndicale, a lancé à tous les personnels de l’Education nationale, rejoints par l’enseignement supérieur et la recherche, à se mettre en grève mardi 26 janvier et, dès maintenant, à exiger les mesures de protection nécessaires de leur employeur.

Les Lilas, 07 janvier 2021

L’école à la carte n’est pas une réponse à l’épidémie

Comme un symbole de cette année hors norme, c’est encore une fois par les médias, à 48h de la date concernée, que la FSU et les personnels ont appris les modalités de (dés)organisation de cette fin de semaine. Lundi 14 décembre, le ministère a annoncé que les absences des élèves jeudi et vendredi seront tolérées, afin de les protéger, eux et leurs familles, dans la perspective des fêtes de fin d’année. Ce matin, le premier ministre, Jean Castex a confirmé que l’école, ne serait plus obligatoire jeudi et vendredi à la veille des vacances.

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion Éducation nationale ? Depuis le début de la crise sanitaire, la FSU demande qu’à chaque échéance importante, plusieurs scénarios soient élaborés. Alors que tous les signaux montraient ces dernières semaines que la situation sanitaire ne s’améliore pas aussi vite que prévue, rien n’a été prévu par le ministère. Jeudi 10 décembre, à l’occasion du 3eme point sanitaire depuis le début de l’année scolaire, jamais cette hypothèse n’a été évoquée.

Cette annonce est une nouvelle marque de mépris pour les personnels et pour l’école qui se voit à nouveau désorganisée.

Elle va également créer une rupture d’égalité entre les familles qui auront la possibilité de s’organiser pour garder leurs enfants et ainsi protéger les grands-parents et celles qui ne pourront pas car leur situation professionnelle ne leur permet pas.

Par cette annonce, le gouvernement reconnaît implicitement, après avoir nié pendant des semaines cette évidence, que les écoles, collèges, lycées et CIO sont des lieux de circulation du virus et de contamination. La FSU exige donc des réponses sérieuses et responsables à la gravité de la situation sanitaire.

• la situation des personnels pour la fin de semaine doit être précisée

• le conseil scientifique alerte sur le caractère très sensible du mois de janvier : l’épidémie ne s’arrêtera pas après les vacances, elle pourrait même au contraire s’amplifier suite aux fêtes de fin d’année. La FSU renouvelle sa demande : différents scénarios doivent être préparés et discutés, notamment l’hypothèse d’un renforcement du protocole sanitaire et ses implications organisationnelles.

L’école a aussi besoin d’un plan d’urgence comprenant un recrutement massif de personnels d’enseignement ou exerçant des missions d’éducation ou d’accompagnement.

Le gouvernement doit d’urgence agir et apporter des réponses pérennes probantes et rapides permettant de poursuivre l’école en présentiel sous pandémie.

Mobilisons-nous pour nos salaires, pour nos conditions de travail, pour les postes : exigeons la revalorisation et un autre budget pour l’Éducation !

Tout nous conduit à l’exigence de plus d’éducation pour tous les jeunes dans un contexte où les inégalités continuent à se creuser et où les réformes menées par le ministre les aggravent.
Or, le Parlement a adopté un budget qui est loin de traduire l’ambition éducative dont notre pays a besoin. En effet, il ne prend pas la mesure de l’augmentation des effectifs, de la situation sanitaire qui impose particulièrement des mesures pour faire baisser les effectifs d’élèves par classe à court et moyen terme et de l’état de fatigue des personnels, épuisés par des années de dégradation des conditions de travail.
Il faut en urgence engager les recrutements nécessaires, notamment en recourant aux listes complémentaires.
Dans le budget 2021, la nécessaire revalorisation des personnels ne trouve qu’une traduction minimale avec 400 millions d’euros prévus. C’est très peu pour les personnels, et de fait l’essentiel des mesures proposées pour 2021 ne concerneront qu’une minorité de personnels.
Les AED et les AESH en particulier ne se voient rien proposer.
Le Grenelle du ministre est inacceptable, d’autant plus qu’il vise à modifier en profondeur le fonctionnement de l’école, les missions et les statuts des enseignant-es.
Les organisations exigent un budget qui renonce aux suppressions d’emplois et engage un rattrapage des pertes salariales subies, grâce à un plan pluriannuel de revalorisation et de création de postes pour répondre à tous les besoins, en commençant par les plus urgents.
Elles demandent la mise en œuvre d’une autre politique éducative que celle menée jusqu’à présent par le Ministre de l’Éducation Nationale.
Les organisations appellent les personnels à poursuivre les mobilisations en cours, à s’engager dans l’action et à préparer une grève le mardi 26 janvier pour exiger des créations de postes,
une autre politique éducative, le dégel de la valeur du point d’indice couplé à des mesures significatives de revalorisation des salaires et des carrières dans l’éducation. Elles engagent les personnels à construire dès maintenant une dynamique de mobilisation par des actions locales, réunions, motions et courriers collectifs auprès des IA-DASEN, des Recteurs, du gouvernement, etc. Les organisations décident de se revoir début janvier.

Avenir lycéen, le ministre Blanquer doit s’expliquer !

Nous avons appris par voie de presse l’utilisation qui a été faite des subventions accordées à l’organisation Avenir Lycéen. De l’argent public a manifestement été détourné de son usage initial, c’est inadmissible et cela va à l’encontre des principes républicains que nous portons toutes et tous.
Quelques jours plus tard, Mediapart et Libération révèlent que le problème est en réalité plus grave. Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, des hauts fonctionnaires proches de lui au Ministère comme dans les Rectorats, auraient été directement impliqués dans la création de ce syndicat mais auraient aussi utilisé l’appareil d’État pour favoriser des expressions positives et non
contestataires des réformes menées, en particulier la réforme du lycée et du bac . ​ Il ne s’agit passeulement d’une question financière, mais d’une atteinte aux libertés démocratiques​​ , en premier lieu nos libertés syndicales et associatives.
Des élèves mineurs, notamment dans les CAVL, ont été instrumentalisés. Cela est aux antipodes de la démocratie, notamment chez les lycéens, où le débat, l’échange, le droit de s’organiser en syndicat indépendant est essentiel pour permettre à chacun ​ de faire l’apprentissage de la démocratie,​ et donc de l’émancipation.
Ces révélations touchent aux fondements même de la démocratie et des valeurs de la République.
Toute la transparence doit être faite. Le ministre et le gouvernement ne peuvent, d’un côté, faire de grands discours sur la transparence et l’exemplarité, et dans les faits s’exonérer de ces impératifs.
Nous exigeons la mise en place d’une enquête indépendante, qui ne soit donc pas pilotée par le Ministère. ​ Nous saisirons également Anticor pour que lumière soit faite sur une possible corruption. ​ Si le rôle du Ministre dans la création et l’instrumentalisation d’Avenir Lycéen, mais aussi l’appareil d’État, venait à être confirmé dans les semaines à venir, toutes les conséquences devront en être tirées

Déclaration FSU, CTM du 27 novembre 2020

Cette séance du comité technique de l’Éducation nationale se tient alors que le ministre de l’Éducation nationale est au centre d’une affaire qui crée la polémique depuis une semaine. Il est soupçonné d’avoir utilisé les moyens de l’État et sa position de pouvoir pour manipuler la démocratie lycéenne. Le but aurait été de tenter de contrer le rejet majoritaire, tant par les personnels que par les usagers, de la réforme du baccalauréat. S’ils étaient avérés, les comportements révélés par la presse, attribués soit au ministre, soit à certains hauts-fonctionnaires, mettraient en lumière un manquement à l’obligation de probité qu’exige le service de l’intérêt général.

Pour la FSU, toute la lumière doit être faite sur cette affaire. Elle attend qu’une enquête administrative indépendante soit diligentée sans délai, car elle porte atteinte à l’image de notre ministère, et par là-même à la dignité de tous ses personnels.

Il s’agit là d’une nouvelle marque du mépris pour les organisations syndicales, et plus largement pour les corps intermédiaires, qui caractérise la pratique du pouvoir depuis 2017.

La FSU tient tout particulièrement à dénoncer les propos scandaleux et irresponsables que le ministre a tenu à l’endroit d’un de ses syndicats nationaux, visant à remettre en cause son indépendance, qui plus est en convoquant des pseudos-concepts de caractérisation politique aussi hasardeux et creux que sans fondements, reprenant une mauvaise recette de communication employée quelques jours plus tôt à l’endroit de l’université, instrumentalisant l’attentat dont Samuel Paty a été la victime à des fins politiciennes.

Cette affaire ajoute au discrédit du ministre et de sa politique éducative qui met à mal depuis trois ans maintenant l’organisation scolaire et dégrade les conditions d’exercice des métiers comme celles d’études et de réussite des jeunes.

Le ministre n’a eu en effet de cesse d’empiler les réformes vécues comme autant de renonciations aux missions premières de l’école. Citons :

la réforme des lycées qui individualise les parcours des élèves et renvoie au local le baccalauréat dont il minimise le caractère national pour instaurer l’évaluation permanente des élèves (E3C, enseignements de spécialité)  ;

la mise en œuvre de Parcoursup qui amplifie les mécanismes de sélection et de discrimination sociales et scolaires ;

la réforme de l’enseignement professionnel qui réduit fortement toute perspective de poursuite d’études aux élèves qui en sont issus en mettant en œuvre une véritable déprofessionnalisation des diplômes ;

la procédure d’évaluation des EPLE qui constitue un dispositif de plus pour une mise en concurrence des établissements et qui contribue à l’affaiblissement des instances internes de démocratie.

Et quand il affiche des mesures qui iraient dans le bon sens, comme le dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire, il les finance par la suppression des postes d’enseignants surnuméraires dans le premier degré et d’emplois de professeur devant élèves dans le second degré.

Quant à la direction d’école, le ministère a enfin fait des annonces. Nous sommes loin d’une amélioration réelle des conditions de travail et de rémunération promises à l’ensemble des directeurs et directrices. Les 900 ETP consacrés aux écoles de moins de 4 classes ne sont pas sanctuarisés, ce qui explique les absences de décharges malgré les engagements pris. Et les 44 500 directrices et directeurs d’école ne verront pas leurs quotidiens professionnels sensiblement modifiés par les 600 ETP « nouveaux » affichés pour les décharges. La revalorisation promise pourrait se solder, selon le scénario choisi, par une prime, de 200 à 575 € modulés selon le nombre de classes. Cette proposition, pouvant conduire à une baisse de revenus des directrices et directeurs par rapport à cette année, est inacceptable.

La FSU est très inquiète des premiers éléments concernant l’éducation prioritaire. La volonté du ministère de mettre en place des contrats locaux d’accompagnement assortis à des objectifs pédagogiques et d’allocation de moyens risque d’augmenter toujours plus les inégalités territoriales, de déroger aux droits des personnels et de renforcer les aspects injonctifs du pilotage des établissements éligibles. De plus la finalisation de la carte de l’éducation prioritaire en y intégrant les lycées généraux et technologiques et professionnels et les écoles orphelines relève toujours de l’arlésienne.

Pour la FSU, cette politique très largement rejetée par les personnels ne fait que confirmer le retour à une forme d’élitisme appuyée sur un tri social. La réussite selon le ministre n’est décidément pas pour tous les élèves, tant sa politique fige les inégalités, voire les renforce.

La FSU réaffirme que, si l’école tient, c’est parce que ses personnels font front, dans les classes, dans les écoles, collèges et lycées, dans les services, partout sur le territoire.

Jamais un ministre n’aura été aussi injonctif. Circulaires, vademecum, manuel de lecture et guides sans valeur réglementaire pleuvent et formalisent la vision pédagogique ministérielle descendante et méprisante de la professionnalité des personnels. Cette vision tient aussi en un retour à des fondamentaux étriqués « lire écrire compter, respecter autrui » tournant le dos à la construction d’une ambitieuse culture commune.

Dans cette situation de discrédit fort du ministre exprimé dans l’ensemble de la communauté éducative, la FSU interroge sa crédibilité à continuer d’être l’interlocuteur des personnels et sa capacité à engager une politique éducative dans l’intérêt de tous les élèves et les jeunes.

Et il en est de même pour les prétendues promesses de revalorisation faites depuis 2017 et dont le dévoilement des mesures envisagées, dont l’une d’elles est à l’ordre du jour de ce CTMEN, montre combien celles-ci sonnent creux.

Concernant les mesures annoncées, non seulement, elles ne concernent pas tous les personnels, mais elles ne compensent même pas les pertes de pouvoir d’achat induites pour toutes et tous par la poursuite insensée du gel de la valeur du point d’indice au regard de l’inflation, auxquelles s’ajoute pour les personnels recrutés récemment la non-compensation de l’augmentation de la CSG. Bref, il y a une forme de miroirs aux alouettes qui contribue là aussi renforcer la colère de l’ensemble des personnels.

Concernant la prime d’équipement informatique dont la définition réglementaire est soumise à l’avis de ce CTMEN, la FSU réaffirme que la somme doit être augmentée significativement et que la liste des éligibles doit être élargie. Elle rappelle que, même si quelques progrès ont pu être réalisés du fait de la crise sanitaire et d’une mise en œuvre massive du télétravail, les personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé doivent être dotés d’équipements nomades complets, de qualité, correctement maintenus et répondant à tous les besoins, dès lors que l’exercice de leurs fonctions l’exige.

Concernant la rémunération des AESH, la FSU, avec l’ensemble des organisations syndicales, a écrit au ministre pour lui rappeler de tenir ses engagements pris à la faveur des déclarations sur l’école inclusive et l’affichage de faire du handicap une priorité du quinquennat.

La FSU continue d’affirmer que, pour être au rendez-vous d’un « Grenelle », ce sont bien les carrières et les rémunérations de tous les personnels de l’éducation, de tous les métiers, qui doivent être revalorisées. La FSU réaffirme la nécessité d’une loi de programmation pluriannuelle ambitieuse pour ce faire.

Le discrédit du ministre intervient dans une actualité qui montre aussi les carences en matière de politique éducative dans la gestion de la crise sanitaire.

Alors que la FSU alerte depuis le printemps dernier de la nécessité de procéder à des recrutements à la hauteur des besoins, tant pour faire face au surcroît d’activité lié à la crise sanitaire que pour renforcer les moyens pérennes, le ministère choisit le recours à la précarité. Alors qu’il est possible de recruter des fonctionnaires par le recours aux listes complémentaires des concours 2020,  c’est 6000 contractuel-les qui seront recruté-es dans le premier degré, que des contrats courts s’achevant avec les vacances d’hiver. Dans le second degré, ce ne seront que 8000 AED supplémentaires qui seront recrutés sur la même période.

Il est exact que les vies scolaires sont sous-dotées alors même que les effectifs d’élèves n’ont cessé d’augmenter depuis des années. À ces conditions de travail et d’emploi dégradées s’ajoutent des salaires sont bien trop faibles, une exclusion de la prime REP/REP+… La FSU soutient leur action et leur grève du 1er décembre prochain.

Enfin, concernant le plan de relance, en période de crise économique majeure et alarmante, le gouvernement et le ministre font le choix irresponsable de renforcer les moyens financiers pour développer l’apprentissage en finançant à tout crin les entreprises sans conditionnalité en termes de formation solide diplômante et qualifiante alors que le diplôme reste un rempart majeur contre les risques du chômage. Sans plan d’investissement massif, le ministère de l’Éducation nationale est le grand perdant !

Revalorisation dans l’éducation ?

Le Ministre de l’Éducation Nationale a annoncé des mesures de revalorisation salariale des enseignant-es pour 2021.

La FSU regrette en premier lieu que ce ne soient pas l’ensemble des personnels qui soient concerné-es.

Elle alerte en particulier sur l’urgence d’une revalorisation des AESH (accompagnant-es d’élèves en situation de handicap) et de l’ensemble des personnels titulaires et contractuels qui concourent au service public d’éducation, quelles que soient les missions assurées.

La FSU considère que la Fonction publique devrait être le cadre pertinent des discussions salariales, en particulier sur la valeur du point d’indice et sur les mesures de carrière nécessaires.

Pour la FSU, la revalorisation des rémunérations doit d’abord se faire par l’indiciaire et les indemnités se limiter à l’exercice de sujétions particulières. Avec ses annonces d’hier, le ministère s’inscrit dans une toute autre logique, privilégiant la revalorisation sous forme de primes à la pérennité non assurée et limitée à certains personnels.

Une prime d’équipement de 150 euros nets annuels est créée. Avec un montant si faible au regard des coûts importants d’équipement et de connexion informatiques, cette prime ne peut être qu’un premier pas vers une prise en charge par l’employeur de l’ensemble des dépenses occasionnées par l’utilisation par les agent-es de leur matériel personnel. La FSU demande que son montant soit beaucoup plus significatif, elle acte positivement son versement indépendamment de l’avancée dans la carrière et aux psychologues de l’Éducation Nationale, mais dénonce l’exclusion de son bénéfice de nombreux personnels, à commencer par les CPE ou encore les professeurs documentalistes, elle continuera à intervenir en faveur de ces personnels.

Une prime dite « d’attractivité », d’une centaine d’euros au tout début de la carrière et dégressive jusqu’à une trentaine d’euros aux personnels d’enseignement, d’éducation, d’orientation et de psychologie ayant 15 ans de carrière est créée. Pour les contractuel-les en début de carrière, la prime serait de 54 euros mensuels. Les stagiaires seraient exclus du bénéfice de cette prime alors qu’ils en ont le plus besoin. Si des mesures d’urgence ciblées sur le début de la carrière sont nécessaires, pour la FSU elles devraient être d’une toute autre ampleur : n’être qu’un des éléments de la réponse aux enjeux d’attractivité des professions de l’enseignement et ne constituer qu’une première étape vers une revalorisation de l’ensemble de la profession…. La

FSU demande également des mesures immédiates et de plus long terme pour les collègues en milieu et en fin de carrière. De ce point de vue, la seule annonce du Ministre d’augmenter un peules ratios de promotions à la hors classe est très insuffisante, car il faudrait aussi permettre une fin de carrière de tou-tes au dernier grade de leur corps et aménager les fins de carrière en rétablissant la cessation progressive d’activité.

La FSU a ainsi dénoncé l’absence de certitude sur une loi de programmation qui donnerait pourtant de la visibilité et des garanties sur la pérennité et l’amplification des mesures prises en 2021 afin de répondre au déclassement salarial. Plutôt que d’user de circonvolutions langagières stériles, le ministre doit sans attendre annoncer les moyens qu’il compte y consacrer et le calendrier d’application …

Enfin, la FSU demande que le processus de revalorisation intègre la question de l’égalité professionnelle femmes hommes. Les mesures contenues dans l’accord égalité peinent à se mettre en place, les inégalités de carrière et de salaire continuent d’exister ; il faut mettre en œuvre des leviers plus puissants pour les supprimer, c’est loin d’être le cas actuellement.

À ce jour, non seulement la loi de programmation n’est pas actée, mais en plus la question de contreparties exigées en échange d’éventuelles revalorisations à partir de 2022 plane toujours sur les discussions. Les objectifs du « Grenelle de l’éducation », organisé en ateliers thématiques sur toutes les dimensions des métiers, n’ont toujours pas été clarifiés. À l’inverse d’une revalorisation liée à des missions supplémentaires, la FSU exige une revalorisation de l’ensemble des personnels de la Fonction publique, des créations de postes à la hauteur des besoins de la société et de la nécessaire transition écologique, et un allègement de la charge de travail.

FACE A LA RÉPONSE INSUFFISANTE DU MINISTRE : UNE MOBILISATION NÉCESSAIRE

Depuis le mois de juillet, les organisations syndicales avaient prévenu le ministère sur les risques « sanitaires et de décrochage scolaire » en cas de deuxième vague épidémique et avaient pointé des moyens à mettre en œuvre. Alors qu’il se déclarait prêt face à ce rebond avec son protocole soi-disant renforcé, il aura fallu attendre une mobilisation de la profession dès la rentrée des vacances d’automne et la menace d’une grève nationale intersyndicale pour que J.-M. Blanquer daigne enfin répondre partiellement aux attentes légitimes des enseignant·es.

Partiellement, parce qu’en matière de recrutements nécessaires d’enseignant·es pour assurer les dédoublements, d’agents territoriaux pour assurer la désinfection des locaux, de médecine scolaire pour recevoir les jeunes, de personnels de vie scolaire pour les encadrer en dehors des cours, rien de nouveau.

Partiellement parce que les consignes sont, même pour la possibilité offerte de dédoubler les classes, pour le moins bancales, et que des chef·fes d’établissements rechignent encore à protéger les enseignant·es, les élèves et leurs familles à l’orée du 9 novembre, date d’entrée en vigueur du protocole dit « renforcé ».

Partiellement parce que le ministère feint de croire que, dans les ateliers, l’enseignement peut être dispensé dans des conditions normales.

Partiellement parce que rien n’est encore envisagé à ce stade pour que les risques subis par les élèves en les forçant à participer à leurs PFMP soient levés par un report obligatoire de ces dernières.

Toutes ces raisons légitimaient largement le maintien du mot d’ordre de grève pour ce mardi 10 novembre 2020. Le SNUEP-FSU se félicite de la participation importante que cet appel a généré. Beaucoup de temps et d’énergie ont déjà été perdus. Il faut que le ministre entende enfin ce que lui dit le terrain et qu’il procède rapidement aux ajustements nécessaires.

Le SNUEP-FSU appelle les équipes à rester mobilisées car, au-delà du grave problème sanitaire que nous vivons, c’est aussi la question de nos conditions de travail qui est posée. Or le ministre persiste à maintenir son projet de supprimer 1800 postes dans le 2 d degré pour la rentrée prochaine. Les ateliers de son « Grenelle » sont aussi une source de vive inquiétude.

Pour le SNUEP-FSU, la revalorisation des salaires doit s’accompagner aussi d’une véritable amélioration de nos conditions de travail.

Contre ce ministre qui met en péril l’éducation nationale Pour éviter une nouvelle fermeture des lycées professionnels En grève le mardi 10 novembre

La priorité du service public d’éducation doit être de maintenir les établissements ouverts car une nouvelle fermeture aurait des conséquences scolaires et sociales dramatiques. Mais en ne débloquant aucun moyen supplémentaire et en subordonnant la mise en œuvre des gestes barrière à un « si c’est possible », le ministre de l’éducation met en péril la continuité de l’enseignement.

Priorisant une stratégie communicationnelle au détriment de mesures rigoureuses et concrètes, il soumet les personnels à des consignes contradictoires angoissantes, épuisantes et qui désorganisent les établissements.

A l’heure où la seconde vague frappe la société, avec une circulation intense du virus sur l’ensemble du territoire, ce traitement inconséquent est irresponsable.

Pour le SNUEP-FSU, il est impératif de prendre enfin la mesure des enjeux sanitaires et sociaux, de cesser de nier la réalité, de stopper la dégradation des conditions de travail et d’assurer la protection rigoureuse de toutes et tous.

La voie professionnelle scolaire a besoin d’un plan d’urgence comprenant un recrutement massif de professeur·es afin d’organiser la mise en place d’effectifs allégés permettant le non-brassage et la distanciation. Le ministère doit aussi reporter toutes les PFMP prévues pendant le confinement.

Le dédoublement des classes à lourds effectifs sur les horaires disciplinaires, et de toutes les classes en AP, co-intervention, chef-d’œuvre sont autant d’éléments facilement réalisables dans les lycées professionnels. Ces mesures répondraient à la protection sanitaire de toutes et tous et permettraient aux élèves de maintenir un taux horaire hebdomadaire en présentiel important, notamment avec des PFMP reportées lors de ce second confinement. Refuser ces propositions qui émanent de nombreux établissements sur tout le territoire serait une provocation supplémentaire contre les personnels.

Devant l’urgence de la situation, le SNUEP-FSU, avec les syndicats du second degré de la FSU, a déposé

une alerte sociale auprès du ministère et appelle les personnels à se saisir de ce dispositif en le déclenchant dans tous les CHSCT départementaux et académiques. Il appelle les personnels à continuer de se mobiliser pour exiger du ministre qu’il mette en œuvre des mesures sanitaires strictes, dont les demi-groupes, pour maintenir les établissements ouverts.

Pour obtenir un plan d’urgence ambitieux et pour dénoncer le manque de protection des personnels et des élèves, le SNUEP-FSU appelle les personnels à participer massivement à une journée de grève sanitaire nationale le mardi 10 novembre.

Une autre politique éducative qui réponde aux enjeux de l’enseignement professionnel et qui permette une amélioration des conditions de travail et une véritable reconnaissance de nos métiers est indispensable.

La colère contre le ministre est toujours très vive dans les lycées professionnels

Son refus intolérable d’autoriser un temps d’échanges entre adultes pour préparer l’hommage à notre collègue Samuel Paty a néanmoins été dépassé assez largement le lundi 2 novembre. Des équipes ont réussi à arracher ce temps, soit avec l’accord de leur direction, soit par la grève. Toutefois, les questions lourdes que posent cet assassinat ne sont pas réglées sur le fond et il est indispensable de les traiter sur le moyen et le long terme. Les personnels ont été nombreux à exprimer leur besoin de protection et de formation initiale et continue rigoureuse.
Le protocole sanitaire, qui n’a de « renforcé » que le nom, fait lui aussi l’objet d’inquiétudes légitimes et de fortes critiques. Si les personnels sont attachés à enseigner en présentiel, ils refusent que ce soit au détriment de leur propre santé, de celle des élèves et de leurs familles.
L’exigence de mettre en œuvre des groupes à effectifs réduits est fortement exprimée comme celui d’un recrutement immédiat d’AED et d’agents territoriaux.
Malgré les alertes du SNUEP-FSU, le ministre met en difficultés les élèves et les personnels sur la question des PFMP. Beaucoup de nos élèves n’ont pas de lieu de stage, les entreprises refusant de les accueillir dans le contexte de crise sanitaire et économique. Pour le SNUEP-FSU il est indispensable que le ministère envoie un message clair en reportant toutes les PFMP prévues pendant le confinement.
Cette semaine est décisive pour forcer le ministre à infléchir sa posture inacceptable. Le SNUEP-FSU appelle les personnels à poursuivre les mobilisations engagées et à exiger des temps banalisés pour mettre en œuvre une organisation pédagogique à même de répondre à la nécessaire protection sanitaire de tout·es. Il exige que tout·es les candidat·es au CAPLP (certificat d’aptitude au métier de professeur·es de lycée professionnel) reçu·es sur liste complémentaire soient recruté·es rapidement et renforcent les équipes dans les établissements. Si le ministre s’obstine, le SNUEP-FSU appellera les personnels à se mobiliser massivement à partir du 9 novembre.